31 août 2016

Quand l'Europe existe



            Platier, 31 août 2016
Pour avoir obtenu de positionner ses ventes en Irlande et de n’y payer qu’un impôt symbolique (0,005%), Apple se voit contraint par décision de la Commission européenne de verser 13 milliards d’euros au fisc irlandais. Cette affaire pose plusieurs questions et apporte une démonstration. Pourquoi laisse-t-on aux entreprises la faculté de situer leur bénéfice dans le pays de leur choix sans considération du lieu dans lequel elles opèrent ? Pourquoi le gouvernement irlandais, loin de se féliciter d’une recette imprévue, s’élève-t-il contre la décision de la Commission prise au titre de la concurrence ? Pourquoi le Trésor américain proteste-t-il lors que les Etats-Unis ont récemment infligé des amendes énormes à des firme européennes ayant enfreint des lois américaines à effet extra-territorial ?  Enfin la démonstration est une fois de plus apportée des avantages que pourraient tirer les Européens de l’exercice en commun de leur souveraineté, notamment dans le domaine fiscal.

27 juillet 2016

Où est la solidarité européenne ?



            Platier, 27 juillet 2016
Face aux attentats qui ont frappé ces derniers jours Nice, la Bavière et la Normandie, on n’a guère entendu d’appels à la solidarité européenne. N’était-ce pas l’occasion de rappeler la nécessité d’un meilleur échange de l’information, d’une stratégie commune d’éradication du salafisme, de la mise en œuvre effective des accords relatifs au contrôle et à la répartition de demandeurs d’asile, d’une politique commune face à la dérive turque ? N’était-ce pas aussi l’occasion pour le Royaume-Uni de manifester sa volonté de demeurer proche des Européens en dépit de sa décision de quitter l’Union ?  

18 juillet 2016

Une chance pour l'Europe politique?



            Platier, 18 juillet.
L’horrible attentat de Nice occulte pour un bref moment les perspectives européennes ouvertes par le Brexit. On sait déjà que Theresa May s’efforcera d’obtenir une pleine participation au marché unique tout en refusant la libre circulation des personnes. Elle peut compter sur l’appétence des continentaux pour le marché d’outre-Manche et l’habileté de la diplomatie britannique. Le prix à faire payer aux Anglais pour le Brexit est ailleurs. Il consisterait à faire, sans eux, un pas en avant vers l’Europe politique en élargissant le domaine des décisions à la majorité, en rehaussant le statut de la Haute Représentante, en dotant d’un budget l’agence de défense, en créant un état-major,  en activant la « coopération structurée » prévue par le traité de Lisbonne et non utilisée à ce jour. Ainsi pourrait-on tester la conviction de ce grand européen qu’était Michel Rocard selon qui la présence du Royaume-Uni était le principal obstacle à l’union politique.